Dragon’s Dogma 2 – Second contact avec ce monde ouvert impitoyable et grisant
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Rédigé par Quentin
Dragon’s Dogma 2 est l’une des sorties les plus attendues de 2024 et sans doute de ce mois de mars. Le RPG en monde ouvert de Capcom nous propose ainsi un second volet plus de 10 ans après le premier opus. Après une excellente première impression en septembre dernier où nous avions pu prendre en main la démo du Tokyo Game Show, nous avons pu retoucher une dernière fois au titre avant son lancement officiel. L’occasion pour nous d’essayer le jeu à un stade plus avancé, et ce durant près de 2h30 sur PS5.

Pour un premier aperçu et un résumé de Dragon’s Dogma 2, nous vous renvoyons à notre première preview. Nous précisons également que nous avons essayé une version non définitive du titre.
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ToggleDragon’s Dogma 2, ton univers impitoyable
De l’eau a coulé sous les ponts depuis la sortie du tout premier opus sur PS3 et Xbox 360, période durant laquelle de nombreux mondes ouverts ont vu le jour, apportant chacun leur lot d’innovations, de limites et de contributions à l’immersion. Après deux heures de jeu, il semble que Dragon’s Dogma 2 pourrait bien rejoindre Elden Ring ou encore The Legend of Zelda: Breath of the Wild dans la catégorie des mondes ouverts immersifs qui réinventent le genre. Ce sentiment sera d’autant plus marqué pour ceux découvrant la franchise avec cette suite, qui, aussi surprenant que cela puisse paraître, ne s’éloigne pas significativement des fondements établis par le premier Dragon’s Dogma.
On aurait pu s’attendre à ce que Capcom s’inspire de plusieurs succès récents, mais Hideaki Itsuno et son équipe ont choisi de rester fidèles aux racines du RPG, en optant pour une exploitation plus approfondie du concept initial. À l’instar de son prédécesseur, Dragon’s Dogma 2 nous plonge dans un univers heroic fantasy, mais se démarque par son ambiance unique : un monde sale, résolument médiéval et impitoyable. Autant dire que certains aspects ne feront pas forcément l’unanimité, surtout si vous aimez être tenu par la main avec des marqueurs dans tous les sens et du voyage rapide à tire-larigot.
D’ailleurs, cette fonctionnalité incontournable des mondes ouverts avait été l’objet de critiques lors de la sortie du premier Dragon’s Dogma, en raison de ses limitations. Cette suite conserve cette philosophie audacieuse, toutefois elle semble bien mieux exécutée ici grâce à des environnements à la fois plus vivants et plus interactifs. Comme l’a souligné son producteur, Dragon’s Dogma 2 est conçu pour être exploré à l’ancienne, stimulant ainsi la surprise et la découverte à chaque voyage. Reste à espérer que la répétitivité ne viendra pas ternir le plaisir de l’exploration au fil du temps.
Heureusement, il est toujours possible de s’économiser quelques voyages fastidieux en plaçant une balise n’importe où et d’utiliser une pierre pour vous téléporter dessus. N’espérez pas toutefois en avoir plein votre sac pour en abuser. Pour palier à ces limitations, un nouveau système de caravane fait son apparition. Celles-ci pourront vous transporter rapidement dans des lieux très éloignés, cependant ils pourront faire l’objet d’attaques ou d’embuscades.
Un première mission qui ne se déroule pas comme prévu
Malgré quelques réserves que nous exprimerons un peu plus tard, cette nouvelle prise en main nous a confortés dans l’idée que le RPG de Capcom est sans doute l’un des plus prometteurs pour l’année 2024. Il offre une aventure qui se distingue nettement des autres, grâce à plusieurs éléments phares. Parmi eux, la présence d’énormes monstres à combattre et à escalader à la manière de Shadow of the Colossus, une aventure solo qui bénéficie d’une dynamique d’équipe grâce à un système de pions contrôlés par l’IA, et surtout un système de classes très élaboré qui enrichit le gameplay de manière drastique.
Durant notre première heure de jeu, nous avons notamment eu l’occasion d’expérimenter la classe du chevalier-mage. Il s’agit d’un combattant au corps-à-corps maniant une double lance, capable de lancer des techniques et des sorts très puissants, comme un dash pour se rapprocher rapidement des ennemis ou un sort télékinétique permettant de projeter des objets ou même des monstres légers sur d’autres adversaires.
Pour illustrer le caractère impitoyable et imprévisible de ce monde ouvert, prenons un exemple situé vers le milieu du jeu. Nous nous trouvons à la frontière entre deux nations qui rythment la narration : le royaume humain verdoyant de Vermun et les terres des Léonins de Battahl, une zone rocailleuse et parsemée de canyons. Ne pouvant franchir la frontière, nous décidons d’aider un villageois à retrouver son petit-fils disparu, attaqué par une meute de loups. Après avoir recueilli des informations, nous partons à sa recherche, mais durant notre quête, nous tuons (gratuitement) un bœuf pacifique croisé en chemin.
Peu après, attiré par le festin improvisé, un griffon fait son apparition. S’en suit alors un long combat où l’on finit par grimper sur l’animal pour le mettre en difficulté. Toutefois, le volatile prend la fuite, nous emportant avec lui dans les airs. Après quelques secondes de vol accroché à son dos, le griffon nous projette au sol où nous nous écrasons. Grâce à une pierre de résurrection, nous revenons à la vie et décidons de poursuivre notre chemin vers l’objectif de la quête. Cependant, nous nous retrouvons dans une zone inconnue et la nuit vient de tomber. La visibilité est considérablement réduite et les ennemis, bien plus redoutables et variés, tels que des zombies de villageois, parsèment le chemin.
Ces moments sont précisément ce qui rend Dragon’s Dogma 2 exceptionnel. C’est une aventure unique en son genre, où l’on savoure chaque instant d’égarement.
Parfois, on frôle le jeu d’échec
Dans Dragon’s Dogma 2, que ce soit pour résoudre des quêtes, interagir avec l’environnement, ou lors des combats, le jeu sollicite votre sens de l’observation et un peu de réflexion. Par exemple, franchir les portes de la frontière pouvait se faire de différentes manières. Sans révéler tous les détails, il était possible de se déguiser pour tromper la vigilance du garde ou d’utiliser le système de contrefaçon, déjà présent dans le premier jeu. De manière plus globale, le RPG de Capcom rend la lecture de chaque dialogue particulièrement intéressante étant donné que bon nombre de villageois vous donneront des indices ou bien de vagues indications pour dénicher des secrets.
En combat et en exploration, les pions sont vos alliés les plus précieux et constituent une source d’information inestimable. Comme dans le jeu précédent, vous avez la possibilité de recruter les pions d’autres joueurs pour former l’équipe de vos rêves. Que ce soit un archer pour atteindre les ennemis volants ou un mage pour la guérison lorsque vous arborez une classe de corps-à-corps afin de combler vos faiblesses. L’intelligence artificielle joue un rôle de support efficace et n’est jamais un fardeau. Les pions sont également d’une grande aide pour la stratégie : ils peuvent révéler les points faibles des adversaires, suggérer des tactiques de combat ou même indiquer des lieux qu’ils ont explorés avec leur précédent maître.
Un autre aspect fascinant des combats dans Dragon’s Dogma 2 est la manière dont la topographie du terrain permet une grande adaptabilité. Cette capacité à exploiter pleinement les avantages de notre classe était évidente lors de notre deuxième session en tant qu’archer-mage. Cette classe dispose notamment d’un sort de flèches magiques rebondissantes, parfait pour les espaces clos comme les grottes, ainsi que de flèches de feu, particulièrement efficaces contre un griffon. Toutefois, le principal inconvénient de cette classe à distance, qui offre une certaine sécurité, réside dans son incapacité à esquiver ou à se protéger. Le champ de bataille lui-même peut être exploité stratégiquement, certains combats pouvant se prolonger pendant de longues minutes, se terminent parfois en un instant, avec une tactique bien huilée.
Se battre près de l’eau, par exemple, présente des risques car faire tomber un ennemi dans l’eau peut le faire dévorer instantanément par le kraken (on ne peut donc nager nulle part). Cependant, le même sort peut s’abattre sur vous et vos pions. Sur les routes de Battahl, nous avons remarqué que le jeu peut se montrer extrêmement agressif, avec des embuscades fréquentes de bandits ou d’attaques de monstres. Une telle situation peut rapidement devenir un cauchemar, car même en fuyant, vous risquez d’attirer encore plus d’ennemis. Heureusement, il est possible d’emprunter des voies plus sûres à bord de nacelles, bien qu’elles ne soient pas à l’abri des attaques d’ennemis volants.
Le point sur la technique
Comme nous l’avions déjà souligné il y a quelques mois, le RE Engine de Capcom, bien qu’un peu vieillissant, fait des merveilles sur Dragon’s Dogma 2. La physique du jeu est toujours aussi impressionnante et on profite d’animations très détaillées. Cet aspect est moins frappant dans la première zone, très semblable aux environnements du premier jeu, mais la direction artistique s’est particulièrement exprimée lors de notre exploration de la zone rocheuse et de sa ville. Le titre nous laisse admirer des panoramas splendides, que l’on peut immortaliser grâce au mode photo.
Les seuls défauts qui sautent immédiatement aux yeux concernent principalement les soucis de caméra, récurrents en raison des environnements escarpés et verticaux, générant des mouvements de caméra imprévisibles qui peuvent nuire à la visibilité. Ce problème persiste également dans les combats impliquant de nombreux ennemis, où il devient difficile de suivre l’action à cause des différents effets visuels. Quant au framerate sur consoles, en l’occurrence la PS5, il est difficile de se prononcer définitivement puisque le jeu est encore en développement. Bien que Hideaki Itsuno ait indiqué que le taux de FPS ne serait pas limité sur PC et consoles, l’existence d’un mode résolution/performance reste incertaine. Lors de notre session, le framerate était relativement stable, sans atteindre les 60 FPS, avec quelques baisses durant les combats. En attendant une évaluation complète ou des précisions de Capcom, on restera prudent sur cette question.
Comme on l’espérait, Dragon’s Dogma 2 dévoile son potentiel avec l’utilisation de classes plus avancées qui permettent de s’essayer à des styles de jeu uniques et très variés. Il nous tarde de prendre en main des rôles plus exotiques comme l’illusionniste ou le conquérant. Le jeu conserve toute l’originalité de son prédécesseur, avec un monde ouvert riche en découvertes. Les paysages et environnements urbains de Battahl nous ont impressionné et dépaysé, mais on espère que les aspects techniques et les problèmes de caméra ne viendront pas ternir l’expérience lors de sa sortie prévue le 22 mars prochain.