On a pu jouer à la Switch 2, nos premières impressions sur la nouvelle console de Nintendo
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Rédigé par Jordan
Après un Nintendo Direct qui aura beaucoup fait réagir, il était important de voir la Nintendo Switch 2 de plus près pour savoir ce qu’elle valait réellement. Nous avons pu essayer la machine lors d’un événement dédié à la presse, qui nous a permis de faire le tour de quelques jeux en plus de pouvoir nous donner un meilleur aperçu de cette console, tout en ayant pu assister à une table ronde avec les principaux architectes de la Switch 2 (Tetsuya Sasaki, Kouichi Kawamoto et Takuhiro Dohta), riche en informations. On vous dit tout ce que l’on a pensé de cette Switch 2, Joy-Con en mains.

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ToggleUne Switch 2 plus Super qu’elle en a l’air
Beaucoup de choses à voir en très peu de temps, c’était notre programme lors de cette journée du 2 avril où l’on pouvait avoir un premier contact avec cette Nintendo Switch 2. Une Switch 2 (dont le développement aurait démarré en 2019) qui aurait pu s’appeler Super Switch si Nintendo voulait faire un clin d’œil à son passé, avant de se raviser en réfléchissant au fait que la Super Nintendo n’était pas aussi retrocompatible que la console précédente, c’est pourquoi l’option « 2 » a été choisie pour faire un lien plus évident.
Durant l’événement organisé à Paris, qui ouvrira ses portes au public dans les prochaines heures, il nous a été permis de prendre en mains la console et de l’examiner de plus près tout en jouant à quelques jeux.
Mais avant de passer au catalogue qui nous attend, c’est surtout la machine en elle-même qui nous intriguait le plus. D’abord présentée en vitrine avec son dock bien plus arrondi que celui de la Switch première du nom, la Switch 2 était ensuite accessible de manière plus directe. Premier constat : son poids, bien plus léger que ce à quoi l’on s’attendait. Ayant pris la première Switch dans une main puis cette Switch 2 dans l’autre, les deux consoles semblaient assez similaires dans ce domaine, même si la fiche technique nous fait mentir (la Switch 2 est à 400 grammes sans Joy-Con, la Switch étant à seulement 297 grammes). On sera au moins rassurés par le fait que la transition de l’une à l’autre n’est pas brutale, et ce malgré un écran bien plus grand de 7,9 pouces, contre les 6,2 pouces de la première Switch, et les 7 pouces de la OLED. C’est le jour et la nuit, et l’ergonomie reste pourtant intacte.
Et cet écran, parlons-en. Le choix de ne pas avoir opté pour l’OLED est discutable, même s’il peut se justifier économiquement. Durant la table ronde, il a été précisé que Nintendo avait choisi le LCD suite aux dernières avancées dans ce domaine, car le LCD d’aujourd’hui n’est plus forcément celui d’hier. En l’état, personne n’est dupe : tout le monde se doute qu’une édition OLED arrivera tôt ou tard. Mais pour le moment, cet écran LCD s’avère être une bonne surprise. La présence du HDR est appréciable et le rendu est plus lumineux que prévu, avec de belles couleurs. Un écran de bonne facture, bien meilleur que celui de la Switch à son époque.
L’un des vrais changements hardware qu’il fallait noter ici était les nouveaux Joy-Con, qui se clipsent à la console de manière magnétique. Sans doute comme vous, voir ces manettes s’accrocher et se décrocher de cette manière nous a d’abord fait penser que le système pouvait être très fragile. Après l’avoir essayé, il y a de quoi être rassuré. L’aspect magnétique est bien plus simple à utiliser que les rails des anciens Joy-Con, et la sécurité fait bien son travail lorsqu’il s’agit de les retirer.
Il a aussi été confirmé que le magnétisme faisait en sorte de protéger les connecteurs, ce qui devrait éviter de se retrouver avec un nouveau problème de Joy-Con Drift sous les bras à force de trop clipser/déclipser ses manettes. Autre avantage de ces Joy-Con nouvelle génération, une tranche plus épaisse qui laisse apparaitre des boutons plus visibles. Plus besoin d’avoir de toutes petites mains pour appuyer comme il se doit sur ces boutons. En parlant des boutons, on a aussi pu noter que le revêtement des Joy-Con n’était pas tout à fait similaire, pour le mieux. Pour les autres touches, on reste en terrain connu.
Pas beaucoup de neuf pour beaucoup de vieux
Toutes ces nouveautés, on a pu les mettre en pratique en essayant une démo de Nintendo Switch 2 World Tour. Un jeu qui aurait gagné à être livré à la console, tant il est conçu comme un tutoriel géant avec des tas de renseignements techniques (mais facilement compréhensibles pour le grand public) sur la Switch 2. En dehors de son HUB central qui fait de la console en elle-même un vrai plateau de jeu, force est de constater qu’aussi didactique ce jeu puisse être, il est d’une froideur à faire pâlir. Les mini-jeux proposés n’ont rien d’amusant et ne sont là que pour illustrer de la manière la plus basique possible les fonctionnalités de la machine. Pensez à un 1-2 Switch plus qu’à un Astro Bot, et sans le côté absurde que pouvaient avoir certains jeux.
Au moins, l’aspect « souris » du Joy-Con était mis en avant et nous a montré qu’il était aussi précis que simple à utiliser. On y revient plus longuement dans nos impressions sur Metroid Prime 4 Beyond, mais cet essai sur Nintendo Switch 2 World Tour nous encourageait à essayer ce mode souris autrement que sur une surface plate, comme un bureau ou une table. C’est donc Joy-Con sur la cuisse que nous avons joué au mini-jeu proposé, pour un résultat assez précis. La souris réagit bien et se positionne là où on le souhaite sans trop de frictions. C’était là le but recherchés par les architectes de la console, ne voulant pas forcément imposer le fait d’avoir une surface adéquate pour en profiter. Pari réussi.
Puisque l’on parle des jeux que l’on a pu voir, autant faire un tour rapide de ce qui est passé entre nos mains. En dehors de Metroid Prime 4 Beyond, Mario Kart World et Donkey Kong Bananza qui auront droit à des articles dédiés, passons en revue les autres jeux qui étaient présentés et qui étaient pour beaucoup des titres déjà connus, mais passés à la moulinette de la Switch 2.
Super Mario Jamboree était peut-être le seul à proposer quelque chose de vraiment inédit, avec des mini-jeux supplémentaires qui tirent parti de la nouvelle caméra vendue à part pour la console. Rien de révolutionnaire à noter ici, voire l’inverse, puisque cela nous aura donné un petit sentiment de nostalgie en nous faisant remonter le temps à l’ère de Kinect, et même l’Eye Toy. La caméra a au moins le mérite de vite reconnaitre une personne, tout en l’affichant sans trop de latence à l’écran (contrairement à ce que le Game Chat semble afficher). Et si vous vous posiez la question, oui une sécurité est bien possible pour cette caméra, qui, en ligne, ne se déclenchera a priori qu’avec des membres de votre liste d’amis, pour éviter tout débordement.
Nous avons également pu prendre en main les deux grands Zelda en monde ouvert dans leurs versions optimisées pour la Switch 2. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela surprend, car jouer à ces titres en 4K et (mais surtout) en 60 FPS change clairement la donne. Le résultat est bien plus impressionnant en mode docké, mais le mode portable fait également son petit effet.
Pour s’assurer que tout fonctionnait correctement, nous avons commencé par explorer la forêt Korogu dans Breath of the Wild, tristement célèbre pour ses lourdes chutes de framerate. Bonne nouvelle, le jeu reste parfaitement fluide, même dans cette zone autrefois exigeante. Il faudra une comparaison plus poussée pour en être sûr, mais il nous a semblé que la distance d’affichage était également bien plus généreuse. En revanche, les temps de chargement restent encore présents, ce qui surprend un peu à l’ère des consoles équipées de SSD, même si cela reste dans des limites acceptables.
Du côté de Tears of the Kingdom, nous avons encore du mal à voir l’intérêt de la nouvelle application permettant de repérer plus facilement les sanctuaires ou les Korogus. En revanche, l’ajout d’anecdotes enrichissant le lore de l’univers est plutôt bienvenu et pourrait séduire les plus passionnés. Concrètement, l’aspect 60 FPS fait un bien fou au gameplay. Nous l’avons ressenti notamment lors des combats contre les gardiens où il faut renvoyer leur rayon laser avec le bon timing au bouclier (et ce, malgré une petite rouille de notre côté).
Du côté des éditeurs tiers, l’une des vitrines techniques de la Switch 2 était sans conteste Cyberpunk 2077. Nous avons pu prendre le jeu en main en mode portable et observer du gameplay en mode docké. Précisons qu’il s’agissait d’une version en cours de développement, mais nos premières impressions restent mitigées. En mode portable, Cyberpunk 2077 affiche un framerate assez décevant, oscillant autour des 30 images par seconde, voire en dessous dans certaines situations. Visuellement, le jeu reste plutôt joli, sans sacrifier excessivement la résolution, mais on espère qu’une option de performance ou de qualité graphique sera intégrée dans la version finale. Malheureusement, aucune option technique n’était disponible dans cette démo pour le vérifier.
En mode docké, l’expérience se révèle bien plus fluide, avec un framerate qui semble tourner à 40-50 fps à l’œil nu. L’objectif ici semble clair : montrer que la Switch 2 peut faire tourner des jeux “next-gen” avec des graphismes solides, malgré une puissance équivalente à celle d’une PS4 ou d’une Xbox One. C’est surtout grâce aux technologies d’upscaling par IA que la console pourra probablement s’en sortir face à des titres aussi gourmands.
Notre scepticisme demeure, non pas vis-à-vis de Nintendo, mais des jeux des éditeurs tiers eux-mêmes, qui peinent encore souvent à proposer une optimisation correcte dès leur lancement, que ce soit sur PS5, Xbox Series ou PC. Alors sur Switch 2, il n’y a pas de quoi être confiant, à moins que la console fasse vraiment des miracles. Reste à voir si ces améliorations justifient pleinement le prix de ces nouvelles éditions (pour ayant déjà le jeu de base sur la première Switch), mais nul doute que nombreux seront ceux à craquer pour redécouvrir ces chefs-d’œuvre dans les meilleures conditions possibles.
Tant de choses que l’on ignore encore
Derrière ce premier contact, beaucoup d’inconnues subsistent encore. La question de la batterie est par exemple centrale. Il a déjà été confirmé qu’elle se rapprocherait davantage de celle de la première Switch plutôt que celle de la OLED, reste encore à voir cela en pratique réelle. La Switch 2 a beau posséder une batterie plus massive (en taille), le GPU de la console est bien plus énergivore. Il a aussi été confirmé qu’elle est intègre du DLSS et du VRR, et qu’elle est capable d’afficher du ray-tracing, ce qui va réduire la charge de manière drastique.
D’autres questions nous trottent encore dans la tête. Quid de l’interface ? Et de l’eShop ? Durant la table ronde, cette question a été posée et Nintendo semble avoir conscience que l’eShop de la Switch offrait une mauvaise expérience (pour ne pas dire imbuvable), et le constructeur nous promet ici de grandes améliorations. Même chose du côté du bluetooth.
Et reste encore à voir ce que vaut réellement le Game Chat. Cette fameuse nouveauté qui nous renvoie elle aussi dans le passé et qui n’est finalement qu’un Discord intégré à la console… en moins complet. Sur place, impossible de tester cette fonctionnalité étant donné les contraintes de la présentation, mais on a de toute façon du mal à voir cela comme un véritable argument de vente pour cette Switch 2.
Tout autant d’interrogations qui trouveront des réponses au cours des prochaines semaines, lorsque l’on pourra s’épancher plus longuement sur cette nouvelle console de Nintendo. Si l’on met de côté toutes les considérations autour du modèle tarifaire qui est emprunté par Nintendo (et il y aura fort à dire à ce sujet), la Switch 2 offre bel et bien une expérience agréable. Peut-être en espérait-on un peu plus, peut-être que la « magie » n’est pas vraiment là, mais peut-être qu’il n’y avait pas non plus besoin de réinventer la roue pour cette Switch 2 nous tente plus que de raison. Et si vous avez d’autres questions à propos de la machine, n’hésitez pas à les poser !

La Nintendo Switch 2 est en précommande, seule ou avec Mario Kart World (et les autres jeux arrivent)
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