Après les sorties en 2013 et 2018 de Contrast et We Happy Few, le studio Compulsion Games nous livre enfin son tout nouveau bébé depuis son passage sous l’aile de Microsoft au sein des Xbox Games Studios. Annoncé en 2023, South of Midnight s’est immédiatement fait remarquer pour sa direction artistique très particulière où se mélange stop-motion et paysages marécageux de la Louisiane et du sud des Etats-Unis. Un peu plus tôt cette année, nous avions eu la chance de poser les mains sur le titre environ deux heures. Charmés par la bande son et le style visuel, nous avions cependant émis quelques réserves sur la structure du jeu et son gameplay. Il est maintenant temps de vous dévoiler notre avis final sur South of Midnight.
Conditions de test : Nous avons terminé le jeu en un peu plus de 12h, le tout en récupérant une bonne partie des collectibles. Le test a été réalisé sur Xbox Series X en difficulté normale.
Sommaire
ToggleUne aventure au cœur du bayou et de ses créatures
South of Midnight nous fait incarner Hazel, une jeune femme qui suite à une tempête et à de fortes inondations va voir sa maison, et sa mère à l’intérieur, se faire emporter par les eaux. En s’élançant à la poursuite de la maison, elle va rapidement se découvrir des pouvoirs qu’elle ne saura pas s’expliquer. C’est avec une petite discussion avec sa grand-mère qu’elle va apprendre être une « Tisseuse », lui permettant de voir et d’interagir avec des sortes de filaments magiques et surtout la présence des séquelles, des sortes de nœuds d’où émergent des monstres appelés les « Hanteurs ».
Avec ses nouveaux pouvoirs, Hazel va se mettre en quête de retrouver sa mère en parcourant la région, ce qui va l’amener à rencontrer différents protagonistes et créatures mythiques ainsi qu’un poisson-chat bien bavard qui va nous accompagner tout au long de l’aventure. On ne vous en dévoilera pas plus afin de vous laisser le plaisir de suivre la narration plutôt agréable. On regrette cependant que la nature des pouvoirs d’Hazel ne soit pas plus expliquée et que cette dernière s’en accommode un peu trop vite et facilement sans vraiment chercher à comprendre leur présence.
En revanche, nous avons beaucoup aimé la découverte et les petites histoires autour des créatures que l’on va rencontrer. Chacune a une origine qui est racontée via d’une part avec la présence de documents à trouver dans chaque chapitre, mais également en suivant la trame principale du jeu.
Similaire à ce que proposait Kena, après certains combats contre les Hanteurs, on va trouver une sorte d’écho nous montrant des souvenirs autour de l’origine des différentes créatures mythiques rencontrées.
Des mécaniques de jeu trop conventionnelles
Cela nous amène à parler de la structure du jeu et de son gameplay. Lors de notre preview, nous avions émis quelques doutes sur la variété de la proposition. Malheureusement, sur ce point South of Midnight ne nous as jamais réellement surpris tout au long du jeu.
La structure est la même pendant la totalité de l’histoire, Hazel progresse vers une nouvelle zone pour y faire la rencontre d’une créature mythique. Là, il faut progresser dans des environnements très linéaires pour trouver les quelques échos et les motifs liés afin de remplir une bouteille magique. Une fois tous les échos en poche, on va selon les chapitres affronter (ou non) la créature mythique pour la libérer de ses maux avant de recommencer cette boucle dans une nouvelle zone.
Alors attention, la progression dans les chapitres n’est pas mauvaise, elle reste seulement trop conventionnelle. On suit un chemin avec des obstacles à franchir via l’utilisation de capacités telles qu’un double saut, la possibilité de planer ou encore de courir sur les murs. En progressant dans l’aventure, d’autres mécaniques se dévoilent comme la possibilité de contrôler une petite poupée et atteindre des endroits exigus ou planer dans des courants aériens.
Mais ces mécaniques restent finalement très classiques, avec des niveaux sans interactivités avec le décor et de rares petits chemins à trouver pour y dénicher des bouloches, ressources permettant de débloquer et d’améliorer les compétences d’Hazel ou des documents à collecter. On pourra par contre pester par moment sur l’aspect rigide des sauts et leur imprécision, ce qui nous a conduits plusieurs fois à une lamentable chute dans le vide.
Des affrontements exigeants, mais répétitifs
L’arbre de compétence, alimenté par les bouloches obtenues en récompense des combats et de notre exploration est également une petite déception.
Après notre preview située au troisième chapitre du jeu, nous avions peur que le moveset d’Hazel ne soit pas assez varié et soit la cause d’une certaine répétitivité. Si du côté des ennemis nous sommes plutôt bien servis avec différents archétypes ayant chacun sa spécialité, sa résistance et donc sa priorité à abattre, en revanche du point de vue offensif d’Hazel, c’est assez pauvre.
Nous avions en effet aperçu la quasi-totalité de l’arsenal d’Hazel dès le troisième chapitre, à savoir (en plus de l’attaque de base et de l’attaque chargée) une compétence pour repousser l’adversaire, une pour l’attirer à soi et une troisième pour l’immobiliser quelques secondes. Viennent finalement s’ajouter à cela une compétence avec Croûton, la peluche que l’on peut contrôler, pour qu’il prenne possession d’un ennemi afin d’en faire un allié le temps de quelques instants, et une attaque de zone, sorte de compétence ultime infligeant de gros dégâts.
Au-delà d’être, elles aussi, assez conventionnelles, ces compétences n’évoluent presque pas via l’arbre de compétences, ce dernier ne proposant que de maigres améliorations sur les dégâts ou la durée des compétences par exemple. La lassitude se fait ainsi rapidement sentir au point de ne plus vraiment apprécier les combats dans le dernier tiers du jeu.
La direction artistique et la musique, véritables moteurs
Finalement, c’est avec sa direction artistique si particulière et qui nous avait tapé dans l’œil dès 2023 que South of Midnight tire véritablement son épingle du jeu pour se démarquer du lot. Sans jamais aller chercher les textures en très haute qualité ou les technologies les plus performantes, le titre parvient à nous faire voyager grâce à son chara-design et au soin apporté à ses environnements. Doté de quelques très jolis panoramas, le jeu offre un dépaysement total avec des zones marécageuses typique du bayou, des sentiers de montagnes, des champs, etc. où se mélangent la faune et la flore dans une sublime toile de fond.
Le stop-motion, présent aussi bien lors des cinématiques qu’en cours de jeu apporte un certain cachet à South of Midnight que nous avons personnellement beaucoup appréciés. Notez que l’option est désactivable à tout moment si toutefois l’effet n’est pas à votre goût.
Nous l’avions également mentionné lors de notre preview, la musique va de pair avec la partie visuelle pour permettre à South of Midnight de s’exprimer pleinement en racontant son histoire. Composée par le très connu Olivier Derivière, la bande son est un régal à écouter et on ne saurait vous conseiller d’en profiter sur les différentes plateformes de streaming.
Point plutôt original et que nous avons beaucoup aimé, lors de chaque chapitre, la musique commence d’abord par de simples murmures ou quelques notes. Puis, plus on progresse, plus la mélodie prend de l’ampleur avec l’ajout de quelques chants pour finalement aboutir à la chanson complète à la toute fin et dont les paroles narrent l’histoire de la créature mythique qui se dresse devant nous. Avec des sonorités jazz, cajun, country, ou encore gospel, aucune piste ne se ressemble.
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